Allo tonton ? Pourquoi tu tousses ?

Actualités - Billet - Posté on 29 Juin 2015 at 8:08 par cnis-mag

NASA HQ PHOTOFranchement, après Angela qui se fait pirater son Siemens, le root du Sagem de Nico, la compromission du S64 * de Jacquot, et le détournement du Wiko de François que vient de révéler Wikileaks, on en arrive à se demander comment ils arrivaient tous à téléphoner avec des appareils perclus d’autant de Spywares. Tonton, leur illustre prédécesseur, préférait pour sa part écouter qu’être écouté. Il faut dire qu’en ces temps reculés, Internet n’avait pas la place et l’importance qu’on lui connaît aujourd’hui. Pour se lancer dans le business des écoutes, nos dirigeants s’entouraient d’escouades de solides plombiers. Et quand on sait combien il est difficile de dénicher un bon plombier pas trop cher, à Paris, au mois d’août…

C’était pas mieux du côté de Washington, quand Richard a dû faire appel à un prestataire du secteur de la serrurerie. Les factures de ces artisans sont hors de prix, quant à la qualité de leur travail, on repassera. Plombier ou serrurier, d’ailleurs, simple question de préférence nationale.

Rappelons-nous également qu’il était parfois très difficile pour le dirigeant d’un Etat de pouvoir communiquer avec ses homologues. Ca faisait des complications techniques incroyables, à tel point que certains d’entre eux devaient recourir à des installations privées fort coûteuses.
Avec Internet et la téléphonie mobile, plus de problème, « There is ever an app for that ». Du coup, il suffit de joindre son propre Ministre des Affaires Etrangères pour que les Five Eyes soient mis au courant sur le champ. Un appel au Ministère de l’Ecologie, à Cécilia ou à Julie, illico ce sont les 14 eyes qui sont en alerte rouge, et Sylvio s’inquiète d’un éventuel recul de trois points dans les sondages qualifiant pour le trophée « Man of the year ». Un simple SMS à l’Agriculture, cependant, ça ne sort jamais des 9 eyes… trop d’information tue l’information.

Parfois même, le système sert à tenir en éveil les Ministres d’un même pays entre eux. En Grande Bretagne, par exemple, les services d’écoute ont tellement bien fait les choses qu’une communication avec le Lord chargé des pêcheries à la Chambre génère immédiatement un rapport sur le bureau de l’Intérieur, et un MMS de l’Echiquier pour les beaux yeux d’Elizabeth se retrouve dupliqué (pardon, il s’agit d’un backup) sur les NAS du MI6 nous apprend l’Honorable Sir Mark Waller, commissaire de ce pays où l’Intelligence est plus un service qu’une qualité.

Comment ça, la rédaction de Cnis prend tout ça trop à la légère ? Mais que nenni ! C’est même écrit dans WikiLeaks : à chaque haut fonctionnaire, pour le moindre Ministre ou Secrétaire d’Etat Français, le réseau « j’écoute pour vous » de la No Such Agency se met en branle. On appelle ça travailler en mode SaaS, pour « Spying as a Service ». C’est qu’ils doivent être heureux ces Grands Commis de l’Etat, qui ont voté comme un seul homme une loi pour légaliser et banaliser l’espionnage et les écoutes téléphoniques. Que de temps gagné ! Que de paperasse et de sourcils froncés de juges éliminés ! Et n’imaginons pas qu’il s’agisse-là d’une exception culturelle nationale. Les Ministres et hauts fonctionnaires des USA, du Canada, des territoires Angles, de Germanie ou de Lusitanie profitent très certainement de services comparables. Et franchement, voir toutes ces femmes, tous ces hommes politiques se parler sans la moindre cachoterie ou pudeur mal placée, ça rassure vraiment pour l’avenir de la démocratie, l’entente entre les peuples et le développement économique général.

* NdlC Note de la correctrice : un S64, c’est ça.

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