Comment la Grande Bretagne espionne l’Europe

Actualités - Espionnage - Posté on 08 Oct 2015 at 11:34 par cnis-mag
crédit : Victoria Pickering

crédit : Victoria Pickering

Encore 29 fichiers Snowden divulgués par The Intercept et hébergés sur Cryptome. Cette fois, il s’agit des activités du CGHQ, service de renseignement Britannique. Un article de Ryan Gallagher analyse ces fichiers (principalement des « Powerpoint » de la NSA), lesquels racontent de quelle manière les barbouzes du Royaume Uni ont mis en place un réseau de surveillance généralisé des sujets de Sa Gracieuse Majesté. Tout a commencé par une cartographie des radios « en ligne » écoutées par les internautes, et a dérivé sur les habitudes de consultation de sites, les requêtes Google les plus « douteuses », les réseaux de correspondants mails et messageries instantanées.

Bien sûr, cette pêche au chalut ne visait pas seulement les Britanniques, mais également des ressortissants de plus de 185 pays, dont la France dans une proportion non négligeable. Une fois les habitudes d’écoute établies, les personnes surveillées ont vu également leurs autres services IP cartographiés : Skype, mailing lists, réseaux sociaux, serveurs de médias tels Youtube ou Flickr, que les contenus consultés aient un vague rapport avec des sites de propagande islamiste ou non. Cette formidable collecte sans la moindre sélectivité porte le nom de code « Black Hole », trou noir, un formidable réservoir capable de recevoir près de 30 à 50 milliards d’enregistrements de métadonnées par jour.

Grâce à ce monceau d’informations, le CGHQ est en mesure de faire disparaître toute trace d’anonymat qui pourrait subsister autour d’un numéro IP. Un système de traitement, « Mutant Broth », établie des relations entre cette adresse et les alias mail ainsi que les habitudes d’usage d’Internet, associations en grande partie facilitées par l’analyse des cookies recueillis et liés à cette adresse IP.

Comme cela ne semblait pas suffire aux espions du Royaume, le CGHQ a alors mis en place un outil de profilage ajoutant à toutes ces données les métadonnées des téléphones fixes et mobiles, numéros appelés, localisation géographique de l’appelant, SMS et MMS, le tout agrémenté de détails portant sur l’usage des moteurs de recherche et le contenu des forums consultés. Cette extension de flicage téléphonique porte le nom de code Social Antropoid. Après un tel traitement, tout numéro IP se voit mis à nu : déplacements, habitudes, opinions politiques, croyances religieuses, relations sociales et amicales sont notés et mis en fiche « … et même préférences sexuelles » précise Ryan Gallagher.

Une grande partie des dorsales de communication européennes transitant par la Grande Bretagne, tout cet arsenal d’écoute s’est également intéressé à ce qui y passait. Et notamment les liens sortant de Penmarch, Lannion, Plérin, Saint Valérie en Caux… la cartographie de la NSA dresse la liste des canaux de communication compromis par ce membre des « five eyes ».

Laisser une réponse