Comptes ! Yahoo ! à ! vendre !

Actualités - Vol de données - Posté on 19 déc 2016 at 9:41 par Solange Belkhayat-Fuchs
Esther Vargas

Esther Vargas

Après avoir dormi durant plus de trois ans, le milliard d’adresses Yahoo évaporé semble refaire surface sur le marché noir, relate le New York Times en se basant sur les constatations de la société InfoArmor. Trois personnes se seraient déjà portées acquéreurs de cette base de données, mise en vente pour 300 000$.

L’homme à l’origine de cette découverte, Andrei Komarov, Chief Intelligence Officer d’InfoArmor, découvre le pot aux roses en août dernier, précise Bloomberg, et prévient directement les autorités plutôt que la victime. Lesquelles autorités avertissent à leur tour le fournisseur de service. Fait surprenant, Yahoo communique alors, deux mois plus tard, et avoue avoir été la victime d’un piratage massif. Mais certains indices techniques ne correspondent pas, Komarov en conclut que Yahoo parle d’un tout autre acte de piratage. Conséquence d’un quiproquo ? Volonté de minimiser l’affaire alors que Yahoo est en pleines transactions financières avec Verizon ? Il faudra attendre la fin de l’année pour que la « fuite d’un milliard d’enregistrements » soit officiellement reconnue.

Avec le temps, la valeur du fichier Yahoo s’effrite sur le marché mafieux et serait, estime le chercheur, vendue désormais entre 20 et 50 000 dollars. Une misère, à peine 0,00003 centime d’euro le contact. S’effrite aussi probablement la valeur de rachat de l’entreprise, que convoitait l’opérateur Verizon.

Cette mésaventure hacko-boursicotière est suivie avec une attention toute particulière dans le milieu de la sécurité, qui voit en ces péripéties un véritable cas d’étude. A combien s’élèvera la capitalisation boursière de Yahoo dans deux ou trois mois, lorsque la grande majorité des internautes, des journalistes, des hommes politiques et des investisseurs auront oublié l’affaire ? C’est là une équation à 1 milliard d’inconnues qui semble bien plus importante que l’origine du hack ou les dommages que risquent de subir les titulaires des comptes en question.

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