Etude : le dur métier de « cyber-fille »

Etude - Tendances - Posté on 20 Juin 2017 at 8:01 par cnis-mag
leezie5

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Le rôle et la position des femmes dans le domaine InfoSec est considéré comme un sujet négligeable, voire dérangeant. Le sexisme y est feutré, la discrimination voilée, mais force est de reconnaître que sur une moyenne de 300 ou 400 participants aux conférences « sécu » d’Europe, il est rare de croiser plus d’une dizaine de consœurs. Proportion quasiment identique pour ce qui concerne les intervenantes, qui, à leur corps défendant, deviennent des « symboles » du féminisme corporatiste. Ce qui énerve d’ailleurs au plus haut point des Catie Moussouris et autres Shannon Morse, lesquelles refusent d’être des « femmes prétexte » ou le produit d’une discrimination positive, revendiquant avant tout un niveau de compétence et non un particularisme de genre.

Mais au-delà des postures, les chiffres. Ceux notamment fournis par une analyse de Frost & Sullivan, commanditée par l’EWF ( Executive Women’s forum on Information Security, Risk Management & Privacy) et l’ISC². On ne dénombre que 11% de femmes dans le secteur Infosec, malgré un niveau d’éducation et de diplôme supérieur en moyenne à celui de la gente masculine. Est-il nécessaire de préciser que les salaires sont également très inférieurs à charge de travail et niveau de responsabilité égaux.

Dans cette course à la discrimination, l’Europe manque de peu la première place du machisme, avec seulement 7% de femmes travaillant dans la SSI, précédée par le Moyen Orient (5%), mais loin devant l’Amérique du Nord (14%), l’Amérique Latine (8%), l’Afrique (9%) et la région Asie-Pacifique 10%. Vieux continent, vieilles habitudes.

La parité en fonction des postes est loin d’être même l’ombre d’un espoir. Au niveau des bureaux du directoire et des postes de direction exécutive, on compte 1 femme pour 5 postes. Et 1 pour 10 au niveau managérial. Un écart homme-femme qui se creuse encore plus aux échelons opérationnels (en Europe : 3% de femmes, 39% d’hommes).

Inégalité salariale également. Si l’écart a tendance à diminuer pour ce qui concerne les postes de haute direction, il reste en moyenne de 4500 $/an pour les autres postes de management, et se creuse côté sécurité opérationnelle, avec un delta de 4300 dollars en 2015 dépassant 5000 dollars en 2017. Contrairement aux chiffres précédents qui portent sur l’ensemble du globe, ces données sur les écarts de rétribution ne proviennent que des Amériques, du Nord et Latine. Aucune information statistique émanant d’Europe ne permet d’établir le moindre parallèle objectif, mais les indicateurs généraux Français des professions « cadres et assimilés » prouvent également cette tendance, avec des écarts de salaires pouvant dépasser 30 % entre hommes et femmes.

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