Focus14 Security Conference : McAfee, de la vitesse, encore de la vitesse

Actualités - Conférence - Posté on 29 Oct 2014 at 5:37 par cnis-mag

shoebappa« Un rapport de McAfee révèle que les entreprises préfèrent la performance aux fonctions de sécurité évoluées, quitte même, pour certaine, à devoir désactiver lesdites fonctions pour gagner en bande passante ». Le communiqué de presse de McAfee, devenu Intel Security, était le leitmotiv de la réunion annuelle Focus14 qui se déroulait cette semaine à Las Vegas. Selon ladite étude, 32 % d’un panel d’usagers impliqués dans la SSI avouent avoir désactivé des fonctions liées aux firewall afin d’en améliorer les performances, et 39% affirment refuser d’activer des fonctions de filtrage qu’ils soupçonnent de pouvoir affecter la bande passante de leurs équipements de commutation. Antivirus grand public ou boîtiers professionnels, même combat.

Cette sorte de constat d’échec, Intel compte bien le transformer en un argument commercial. En insistant notamment sur le fait que « chez nous, nos firewalls de nouvelle génération sont considérablement plus rapides que ceux de la concurrence », benchmarks à l’appui. Mais surtout en tentant de faire comprendre que l’avenir du SI de l’entreprise est en train de subir des transformations telles que ce genre d’attitude ne peut plus avoir cours sous peine de périr sous les avalanches de malwares. En premier lieu parce que la vague Byod et les risques posés par la multiplication des périphériques de la catégorie « Internet des objets » impose une surveillance permanente du réseau. Cette multitude de points de vulnérabilité potentiels, totalement confondue avec le système d’information, rend caduque les anciens concepts de défense strictement périmétriques. De ce point de vue, le périmètre n’existe plus, la défense doit donc s’appliquer « en profondeur ».

Disparition du périmètre également avec la « cloudification » du SI et l’apparition d’une nouvelle forme de gestion des réseaux. Software defined infrastruture (SDI architecture réseau logicielle), software defined network SDN (réseaux logiciels), intégration de ces deux nouvelles générations d’équipement à géométrie variable dans des architecture virtualisées, associées à des équipements de sécurité tout aussi virtualisés (virtual patching et solutions associées), là encore, on ne peut plus ni compter sur la présence d’un mur protecteur, ni sur une cartographie précise du SI, dont certaines parties peuvent se trouver à des milliers de kilomètres du service d’exploitation, ou dont le schéma de fonctionnement peut, pour quelque raison d’amélioration des performances, être modifié d’une heure à l’autre (un des atouts du SDI). Jamais il n’a été autant nécessaire de multiplier les points de contrôle de sécurité. Et, par conséquent, jamais il n’a été aussi nécessaire de pouvoir superviser et centraliser lesdits points de contrôles entre SDI et SDN : c’est le rôle de l’Intel Security Controller, la partie émergée la plus visible d’une « software defined security »

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Chris Young

Ce qui est intéressant dans cette approche, c’est que l’on peut voir le couple Intel/McAfee rejouer, avec de nouveaux instruments, une pièce déjà entendue par tous les administrateurs, tant réseau que sécurité. Le morceau s’intitule « le marché de la console d’administration 2.0 ». Et il est quasiment certain que, dans les prochains mois, les concurrents vont annoncer la sortie de produits équivalents. Intel, qui n’est pas un acteur de longue date dans ce domaine, et dont la toute nouvelle science n’a été acquise qu’à coups de croissance externe, saura-t-il résister au choc ? Pas impossible, estimaient les participants de ce Focus’14. Car précisément les entreprises absorbées (Stonesoft, McAfee, ValideEdge) ont du répondant. Mais également parce qu’Intel peut offrir à sa nouvelle branche quelque chose que ses concurrents n’auront pas, son savoir-faire dans le royaume du semi-conducteur. Chris Young, le nouveau Timonier de McAfee (un ex VP Cisco) mentionnait par exemple l’éventualité de voir un jour au catalogue des processeurs de chiffrement. « Il est des fonctions qui sont excessivement consommatrices de temps et de puissance cpu, et qu’il ne serait pas inutile de voir intégrées dans du silicium ». Encore de la vitesse, mais avec sécurité. Bien que le sujet n’ait pas directement été abordé, on imagine également la puissance de feu que ce nouveau tandem pourrait déployer sur le secteur des systèmes embarqués et des outils d’authentification de périphériques ou d’applications. Reste à savoir comment l’équilibre entre le « hard canal historique Intel » et le « software defined virtualisé » façon McAfee nouvelle école pourra se maintenir.

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