Leçon de chiffrement pour les nuls

Chiffres - Tendances - Posté on 16 fév 2016 at 6:13 par cnis-mag
frankieleon

frankieleon

« Hasard du calendrier »qui tombe à point nommé, la très sérieuse et très Européenne Enisa (Agence Européenne pour la sécurité des réseaux et des systèmes d’information), s’est peut-être penchée avec attention sur l’amendement déposé par Madame Kosciusko-Morizet, lequel réclamait à cor et à cris la généralisation des portes dérobées au sein des outils de chiffrement Français. Et de publier un memento qui rappelle les fondamentaux d’un chiffrement dénué de toute vulnérabilité by design.

Il n’existe aucun système de clefs de séquestre qui soit fiable,

même s’il est utilisé par des contrevenants à la loi, le chiffrement demeure l’une des seules protections garantissant une activité économique basée sur la confiance des outils de communication,

Les vulnérabilités qui ont été précédemment laissées suite à des décisions politiques ont toutes été découvertes et exploitées pour lancer des attaques informatiques. Par conséquent, une politique qui limite l’usage du chiffrement au sein des produits du commerce peut mettre à mal l’industrie des Technologies de l’Information.

Bruce Schneier revient sur le sujet au cas bien improbable où quelques élus n’auraient pas très bien compris : compte tenu de la pléthore d’outils de chiffrement existant de par le monde, en compromettre un dans le lot ne servirait qu’à encourager l’usage des autres. Le père de Blowfish/Twofish vient d’achever un rapport mondial sur l’état des outils de chiffrement que l’on peut résumer ainsi :

Plus de 865 logiciels et matériels de chiffrement ont été recensés dans le monde, en provenance de 55 pays (les deux tiers n’étant pas d’origine US)

L’Allemagne,à elle seule, en produit 112, suivie de près par la Grande Bretagne, le Canada, la France et la Suède.

Si plus de 60% des outils de chiffrement proviennent des USA et de ces 5 autres pays, des Etats de plus petite « envergure numérique » possèdent également leur propres moyens : Algérie, Argentine, Belize, Iles Vierges, Chili, Chypre, Estonie, Iraq, Malaisie…

Sur les 546 outils « non US », 56% sont disponibles à la vente, 44% sont gratuits, 66% sont propriétaires, et 34% sont open source.

Laisser une réponse