L’IoT en 2018, début des hostilités

Etude - Tendances - Posté on 28 Nov 2017 at 5:32 par cnis-mag

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Le cabinet d’analyse Forrester publie une étude prospective sur l’évolution à court terme de l’Internet des Objets. Beaucoup d’évidences, mais certains pronostics semblent quelque peu hardis. Le tour de l’étude en 5 points :

De plus en plus de développements IoT exploiteront des services interactifs vocaux… après Alexa, Siri et autres Cortana, ces techniques pourraient être intégrées par des acteurs de moindre importance. Hypothèse d’autant plus probable que rien n’interdit aux Gafa de revendre leurs technologies en marque blanche

De nouvelles dispositions et règlementations en Europe autoriseront la commercialisation des données collectées par l’IoT… sur ce point, Forrester s’avance peut-être un peu. Certes, il ne peut exister de rentabilisation de l’IoT à très grande échelle que par le traitement Big Data. Mais en l’absence de tout opérateur Européen capable de jouer au Big Data, il est peu probable que les acteurs de l’Internet des Objets de la zone Europe fassent ce cadeau à leurs concurrents potentiels aux USA. A moins que cela ne fasse l’objet d’un accord de réciprocité, genre « mes données contre ton marché de l’IoT ». En outre, RGPD oblige, l’expatriation des données pourrait bien soulever quelques oppositions, tant des associations de consommateurs que des défenseurs des libertés individuelles et CNIL d’Europe.

Malgré une croissance soutenue, le marché des IoT « haut-parleurs et montres intelligentes » va finir par se stabiliser et demeurer au stade du marché de niche. En d’autres termes, les « early adopters » geekesques ne peuvent constituer une preuve certaine de l’existence d’un marché. L’IoT ne sera pas un marché de yupies. Il y a fort à parier qu’Amazon ou Google ne partagent pas cette vision, les fameux « haut-parleurs » en question constituant le bras armé de leur réseau de vente.

En revanche, c’est dans le domaine industriel que l’IoT aura sa raison d’être, là où le traitement par des datacenters et des Clouds internes pourra interagir avec des flottes de composants situés dans une proximité géographique restreinte. Limites fixées par des impératifs de simplicité d’administration/configuration, de sécurité, de maintenance, de temps de latence. En d’autres termes, une sorte de contrôle de processus industriel « 2.0 ».

Il n’y aura pas d’IoT viable tant que les mécanismes de gestion, monitoring, contrôle et mise à jour à distance ne seront pas intégrés aux objets eux-mêmes. Non seulement c’est là la seule voie vers un abaissement des coûts d’administration et de gestion de parc, mais encore c’est la seule issue envisageable si l’on ne souhaite pas que le déploiement d’IoT ne s’achève en un véritable cauchemar en termes de sécurité informatique. Comme cela n’arrivera pas du jour au lendemain, il est à parier que 2018 aura son lot de compromissions spectaculaires, pires, prédisent les analystes, à ce que l’on a connu jusqu’à présent.

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