Nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas, vous êtes des millions : signé Facebook

Actualités - Société - Posté on 24 Avr 2012 at 11:24 par cnis-mag

Le passage du « droit à l’oubli » à « l’obligation d’oubli par voie règlementaire au niveau Européen » a du mal à passer auprès des grands Maître Brasseurs de l’Identité et de la donnée Personnelle. A commencer par Facebook, Google et Twitter, explique Marc Cherki du Figaro.fr, qui chacun commence à dégainer leurs avocats pour entamer un tir de barrage destiné à bloquer le projet de Viviane Redding (vice-président et commissaire européen chargé de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté).

Les arguments de la défense du « We do not forgive. We do not forget » reposent sur ce que l’on pourrait appeler une cyclic redondancy error : il n’est pas possible, estiment-ils, de purger toute trace d’identité sur les réseaux sociaux, puisqu’il pourra toujours exister quelque part une copie en cache ou sur un site Web des traces numériques d’une personne. Tâche insurmontable, vaine, donc à ne pas faire.

Las, il faut se rappeler que la plus grosse mémoire (cache à la surface de la planète, probablement après celle de la NSA) est celle de Google. La présence de Google, le moteur de recherche, ainsi que de Blogger, la plateforme de blogging de Google, entravent le nettoyage efficace de Google Plus, le réseau social. Cyclic Redondancy Error, redo from start.

En outre, purger à la fois Facebook, Google et Twitter obligerait les forces en présence à s’entendre sur certains points techniques et stratégiques liés à leur trésor de guerre : les informations personnelles. Il est plus facile de s’allier pour que précisément cette situation n’arrive jamais. S’ajoute à ceci un autre problème, celui de la taille de la grenouille et du bœuf numérique, autrement dit du poids représentatif réel de ces grands réseaux sociaux. La question avait déjà été soulevée aux débuts de l’Internet grand public, avant l’explosion de la « bulle » des années 2000 : les fournisseurs d’accès montraient une réticence certaine à purger de leurs bases les comptes e-mail abandonnés ou inutilisés, car chaque compte, chaque nom, chaque identité était valorisée et servait de base spéculative servant d’indicateur à la capitalisation boursière de l’entreprise. Le phénomène se reproduit, amplifié, avec les réseaux Twitter, Google Plus ou Facebook. En ces temps de Bulle Deux-point-Zéro, toute tentative de régulation ne peut donc être la bienvenue.

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