Quand le FSB joue à Snowden

Actualités - Espionnage - Posté on 14 Fév 2014 at 5:48 par cnis-mag

Du côté de Sotchi, ou presque, ce remarquable « fuck the E.U. » si élégamment formulé par Victoria Nuland, Secrétaire d’Etat Adjointe des Etats Unis, lors d’une conversation téléphonique avec l’Ambassadeur US en Ukraine Geoffrey Pyatt. La conversation aurait été interceptée par les services d’écoute Russes. La « fuite », orchestrée de main de maître, donne au public l’image d’une Amérique jouant la carte du bipartisme poussé à son extrême, mettant en scène une politique étrangère US jouant aux échecs et discutant de la possibilité d’évincer Vitali Klitschko, qualifié « d’électron libre ingérable », au profit d’Arseniy Yatsenyuk, économiquement plus « réaliste ». L’Otan, bras armé des USA sur le territoire Européen, deviendrait, espère la Secrétaire d’Etat, le seul médiateur acceptable, évinçant du coup les velléités Européennes des partisans de Klitschko et le rôle de la diplomatie des 28.

Cette fuite d’information via Youtube indique surtout que les services de renseignement Russes semblent n’avoir aucun problème pour enregistrer les échanges diplomatiques qui sont, a priori, tenus sur des téléphones sécurisés. Elle montre également à quel point l’espionnage électronique et la guerre numérique peuvent avoir comme poids dans le jeu diplomatique international, et surtout que le Kremlin n’a rien perdu de son adresse pour jouer du billard à trois bandes, misant un adversaire contre l’autre dans le seul but d’avoir le dernier mot.

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