Stratégie : Sécurité, j’aurais ta peau (suite)

Actualités - Sécurité - Posté on 20 Nov 2018 at 9:29 par cnis-mag

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Mais un village résiste encore, et toujours, à l’invasion du flicage semi-volontaire. Daniel Oberhaus, de Motherboard raconte son odyssée au travers des océans déchainés des implants, de leur sécurité très relative, des risques d’oubli de code d’accès, de leur fiabilité discutable : lorsque l’on peut scanner en catimini un RFID de clef d’hôtel ou une carte de crédit, une main gauche « implantée » peut tout aussi bien faire l’affaire.

Même sursaut de résistance pour Alistair Dabbs, du Register, qui éclaire d’un jour nouveau la dialectique de la puce sous-cutanée. L’entreprenariat moderne, explique-t-il, voue un culte nouveau et particulier (du moins dans les pays anglo-saxons) à l’échec et aux déboires. L’« Epic Fail » est formateur, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, il faut savoir se remettre en selle après une chute de cheval… et autres clichés du genre. Echouer n’est plus une infamie.

Et par conséquence, cette certitude de l’échec génétiquement nécessaire à tout employé cherchant à progresser justifie la mise en place de mesures destinées à amoindrir l’échec dans certains cas. Et voilà le RFID sous-cutané tout simplement légitimisé . Y renoncer, reviendrait à vouloir saper la sécurité de l’entreprise puisque l’échec est devenu une certitude et une nécessité. Or, si Alistair Dabbs est prêt à assumer fièrement sa propension au « plantage », il avoue : « Mon problème est que je ne me sens pas encore prêt à accepter l’échec à un niveau personnel ». Et le mot personnel, dans ce cas, est à entendre au sens physique du terme : « Assumer l’échec à bras le corps est à entendre au sens littéral lorsque l’élément défaillant se trouve à 4 mm sous la surface de votre peau ». Et de citer les innombrables cas de lecture erronée des RFID sous toutes leurs formes. De la carte de parking désespérément muette malgré les gesticulations de son porteur face à un lecteur sourd comme un pot, à la chatière récalcitrante qui refuse l’accès au matou familial dont l’implant n’a pu être reconnu.

Tout comme l’authentification à double facteur, le RFID intra-dermique déporte la responsabilité vers l’usager. Une façon de masquer les carences intrinsèques de certains systèmes sécurisés ? C’est effectivement un aveu d’échec et d’inadaptation de certaines des protections classiques mises en place. L’empilement de couches de technologie est loin d’être une solution de sécurité, l’approche globale de la sécurité restera toujours essentielle pour mieux protéger.

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