mai 16th, 2018

Bitcoin & Monnaies virtuelles : coût technique et énergétique du minage

Posté on 16 Mai 2018 at 8:13

Ce sont, encore et toujours, les vendeurs de pelles qui bĂ©nĂ©ficient de la fiĂšvre provoquĂ©e par les mines d’or. Sauf peut ĂȘtre lorsque le quincailler se fait voler son stock, rapporte l’agence Associated Press. Entre les mois de dĂ©cembre et janvier, au fil de trois cambriolages successifs perpĂ©trĂ©s en Islande, prĂšs de 600 ordinateurs de « minage » de Bitcoins et autres monnaies virtuelles ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s, pour une valeur totale de plus de 2 millions de dollars. Cette formidable puissance de calcul dĂ©diĂ©e, Ă  base d’asics conçus dans l’unique but de calculer des condensats, a peu de chances de se retrouver sur le marchĂ© de l’occasion. L’utilisation des machines procurera aux casseurs une discrĂšte rente tant que durera la mode des monnaies virtuelles et tant que les tarifs d’électricitĂ© au prix de gros ne seront pas liĂ©s Ă  une enquĂȘte prĂ©alable sur la nature et l’usage de cette Ă©nergie consommĂ©e.

La part du coĂ»t de cette Ă©nergie dĂ©pensĂ©e dans la valeur des cryptomonnaies prĂ©occupe de plus en plus quelques associations d’écologistes et la majoritĂ© des mĂ©dias. Un « mineur personnel », une fois achetĂ©e(s) la ou les CPU et rĂ©glĂ© la note d’électricitĂ©, a de moins en moins de chances d’ĂȘtre rentable, ce qui explique la tendance gĂ©nĂ©rale Ă  la collocation des ressources de minage au sein de datacenters, eux-mĂȘmes situĂ©s dans des rĂ©gions oĂč l’électricitĂ© n’est pas chĂšre. Au Canada notamment, explique Oilprice.com, lĂ  oĂč la politique tarifaire d’Hydro-QuĂ©bec crĂ©e un vĂ©ritable appel d’air en faveur des nouvelles technologies. A l’origine, ces tarifs prĂ©fĂ©rentiels Ă©taient pratiquĂ©s pour attirer des industries fortement Ă©nergivores, principalement la production d’aluminium. Or, l’hĂ©bergement informatique, quel que soit sa finalitĂ©, est un secteur d’activitĂ© nettement moins crĂ©ateur d’emplois que la mĂ©tallurgie. Plus mobile Ă©galement
 Qu’Hydro-QuĂ©bec augmente ses tarifs, et ses clients mineurs iront s’expatrier en Chine ou en Inde, pays qui pratiquent Ă©galement des tarifs attractifs estiment nos confrĂšres Britanniques du magazine Express.

Mais alors, ça consomme combien, un Bitcoin ? le site Digiconomist fournit quelques mĂ©triques pas franchement rĂ©jouissantes (mais difficiles Ă  vĂ©rifier : prĂšs de 400 kg de CO2 par transaction, une consommation annuelle de 53 TeraWatt.heure, un coĂ»t de fonctionnement de 2,7 milliards de dollars par an, pour une puissance de traitement de 25,5 Peta-Hash.seconde. Histoire d’illustrer cette dĂ©bauche d’énergie, cela correspond Ă  la consommation des Ÿ du continent Africain explique PowerCompare.com qui y va de ses propres statistiques datĂ©es de novembre 2017. Plus gourmand que l’Irlande, l’Islande, l’Argentine ou le Danemark, le Bitcoin et ses cousins contribueraient, au mĂȘme titre que les rĂ©seaux sociaux, au rĂ©chauffement de la planĂšte, pour le plus grand profit d’une minoritĂ© de spĂ©culateurs.

Entre les pessimistes, qui estiment que les monnaies virtuelles consommeront la totalitĂ© de l’énergie planĂ©taire d’ici deux ans (comme le confirme le Forum Economique Mondial ) et ceux qui pensent le contraire, il faut savoir aller chercher les vrais morceaux d’enfumage, d’alarmisme ou d’arguments spĂ©cieux. Les uns se basent sur une croissance linĂ©aire du phĂ©nomĂšne, les autres sur un abaissement brutal de la consommation des processeurs (selon quels arguments techniques ?). D’autres, enfin, tablent sur un tassement de la valeur des cryptomonnaies, phĂ©nomĂšne qui « calmerait le jeu ». Mais un tassement incite Ă  ne pas changer de parc informatique (un mineur milieu de gamme coĂ»te entre 6000 et 10 000 USD) et aucun fournisseur d’énergie ne semble vouloir officiellement annoncer une augmentation de ses tarifs. A ceci doit-on remarquer que les seuls experts qui donnent leurs avis sont
 des gourous financiers, dont on peut douter des compĂ©tences en matiĂšre de microĂ©lectronique, de thermodynamique
 et d’économie, car ce sont en gĂ©nĂ©ral les mĂȘmes qui n’ont su deviner la crise des subprimes ou les chaĂźnes de Ponzi de l’entreprise Madoff.

Publicité

MORE_POSTS

Archives

mai 2018
lun mar mer jeu ven sam dim
« Avr   Juin »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031